Une concertation formalisée et structurée pour une surveillance mieux comprise et plus efficace

- il y a 2 mois

Jean-Marc de Raffin, président d’OSAC, et Françoise Horiot, présidente du Groupement des industriels et professionnels de l’aviation générale (GIPAG), dialoguent sur la concertation, une démarche favorisant une surveillance mieux comprise et plus efficace.

CONCERTATION
Jean-Marc de Raffin :
La surveillance a pour objectif la sécurité. Elle doit s’exercer pour, et avec, les usagers. OSAC a créé un Groupe de concertation et de coordination du contrôle technique aéronautique (GCCCTA), afin de recueillir leurs suggestions en matière de sécurité et de mieux prendre en compte leurs contraintes opérationnelles et économiques. Cette concertation, que la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) avait demandé de structurer et de formaliser, fonctionne, aucun sujet n’est tabou.
Françoise Horiot : Les professionnels de la maintenance sont passés du statut d’assujetti à celui de client. Au fil du temps, un vrai climat de dialogue et de confiance s’est installé avec OSAC. L’assouplissement des règlements voulu par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA, en anglais EASA) a créé en France une distorsion de concurrence dans les activités de maintenance essentiellement. Nous déplorons qu’OSAC n’ait pas les moyens d’exercer les contrôles sur les activités effectuées en dehors des organismes réglementés, mais nous apprécions d’être entendus sur ce sujet.

REPRÉSENTATION
J.-M. de R. :
Nous multiplions les rencontres avec les usagers. OSAC est maintenant traditionnellement invité lors des assemblées générales de certaines organisations professionnelles et notamment à celles du GIPAG. Les premières rencontres ont été mouvementées, mais les échanges sont à la fois francs et constructifs.
F. H. : Au début, c’est vrai, les participants à nos assemblées générales étaient plutôt tendus et les débats parfois houleux. Il n’était pas facile d’accepter la présence de l’Autorité de surveillance. Cependant, tout le monde s’y est peu à peu habitué et nous assistons désormais à des échanges constructifs.

EXPOSITION
J.-M. de R. :
Si les acteurs importants disposent d’effectifs suffisants pour étudier et assimiler les réglementations, ce n’est pas le cas des petits opérateurs. OSAC organise donc des symposiums gratuits à leur attention. Nous participons également aux salons et événements aéronautiques majeurs en France et à l’étranger, là où les usagers expriment le besoin de nous rencontrer. Nous leur présentons les évolutions réglementaires et nous en profitons pour les sensibiliser au rôle des directions de la qualité. Sur la base des résultats de nos audits nous montrons qu’un bon système de gestion de la qualité est aussi source d’efficacité et de profit.
F. H. : Les rencontres sur les salons professionnels sont l’occasion d’échanges constructifs entre les ateliers de maintenance de toute la France et OSAC. La participation à ces salons permet au GIPAG d’attirer l’attention des visiteurs sur les services que le Groupement propose et de les convaincre d’adhérer.

RÉCLAMATION
J.-M. de R. :
OSAC s’est fixé un objectif de qualité de service. Toutes les réclamations sont traitées impartialement et objectivement, et la rapidité de traitement des dossiers est suivie de près. Il y a six ans, plus de huit cents licences étaient en attente de délivrance et les délais tournaient autour de six à huit mois. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun dossier en souffrance et les licences de mécaniciens sont délivrées en quatre jours.
F. H. : Les réclamations de nos adhérents sont, il est vrai, traitées plus rapidement qu’avant. OSAC prend les dispositions qui doivent être prises et s’efforce d’apaiser les tensions en cas de conflit. Cependant, le traitement des remontées d’informations de terrain ne nous donne pas toujours satisfaction, mais, là encore, la concertation « met de l’huile dans les rouages ».


> Bio express
Jean-Marc de Raffin
est président d’OSAC depuis 2010. Il a commencé sa carrière comme ingénieur à la DGAC puis conseiller technique au Comité des transporteurs aériens et au Syndicat national des transporteurs aériens. Il a ensuite dirigé plusieurs entreprises de construction aéronautique et occupé des postes de direction à Aérospatiale puis à Aérospatiale-Matra et à EADS. Il a notamment été directeur général d’Électronique Aérospatiale, directeur du plan et du budget d’Aérospatiale, président de Socata, président du conseil de gérance d’ATR.

Françoise Horiot préside depuis 2007 le Groupement des industriels et professionnels de l’aviation générale (GIPAG), organisation professionnelle qui regroupe les entreprises de divers secteurs de l’aéronautique (maintenance, transport, écoles de pilotage, construction aéronautique, centre de formation de mécaniciens…). Diplômée du Celsa, elle a travaillé pour Avions Pierre Robin, à Dijon, avant de créer à l’aéroport de Troyes un atelier de maintenance qui deviendra l’entreprise Troyes Aviation, détentrice d’un agrément PART 145 et FAR 145 et bien connue dans le domaine du négoce d’avions.

Pour en savoir plus :
Rendez-vous sur le site d'Osac : www.osac.aero
Visitez le site du GIPAG : www.gipag.fr

Crédit photos : Julian Renard et Françoise Horiot
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