Le label Relations fournisseur responsables va s'enrichir

- il y a 2 mois

Alors que la publication de la future norme Iso 20400 dédiée aux achats responsables est prévue pour 2017, le label Relations fournisseur responsables (RFR) français se prépare à évoluer pour se caler sur les recommandations de ce standard international. Les organisations labellisées bénéficieront ainsi, dès l’an prochain, d’une reconnaissance de leur bonne application de la norme.

La nouvelle avait été annoncée à l'occasion du Forum des achats responsables, qui s'est tenu en mars 2016 à Paris : le médiateur des entreprises, la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (CDAF), l'Observatoire des achats responsables (ObsAR) et le groupe Afnor ont décidé de coopérer pour mettre en cohérence le label Relations fournisseur responsables (RFR) et la future norme internationale Iso 20400 sur les achats responsables. Pour comprendre le contexte dans lequel s'inscrit cette évolution, il convient de commencer par remonter quelques années en arrière : sous l'impulsion de différents acteurs, dont l'ObsAR et la CDAF, des travaux de normalisation français sur les achats responsables avaient permis la mise à disposition, dès 2012, d'une norme volontaire pionnière, la norme NF X 50-135. Cette norme française définit les principes et actions qui permettent à la fonction achat de s'approprier les enjeux de la responsabilité sociétale des organisations selon la norme Iso 26000. Dans le prolongement de ces premiers travaux, la France a pris l'initiative, avec l'appui des pouvoirs publics, de proposer à l'Iso l'élaboration d'un standard international à partir de cette base.

Les travaux de normalisation internationale ont été engagés fin 2013. La France en assure le pilotage avec le Brésil, et 41 pays y participent. « La délégation française que je préside a tenu de nombreuses réunions et s'est montrée très proactive, faisant quantité de propositions pour tenter d'améliorer le projet de texte, indique Guy Isimat-Mirin, vice-président de l'ObsAR. Ces propositions s'articulaient en particulier autour de deux sujets importants, sur lesquels nous avons obtenu jusque-là des avancées significatives. Le premier concerne la définition des risques et les questions de due diligence, c'est-à-dire les mesures permettant de s'assurer que les fournisseurs ou sous-traitants prennent des dispositions en matière de prévention de ces risques. Le second, tout aussi capital, touche à la notion de coût global. » La France est pionnière dans la structuration de cette approche nouvelle, qui vise une prise en compte des impacts directs et indirects de l'achat tout au long du cycle de vie du produit ou service. Elle recouvre les coûts de maintenance, d'entretien, les coûts d'usage et les coûts de fin de vie, en intégrant aussi la question des externalités (coûts indirects cachés, comme les coûts des impacts environnementaux par exemple) et la création de valeur liée à ces achats. « Les autres délégations étaient peu familiarisées avec cette idée de coût global. Il a fallu l'expliquer et la faire partager, notamment en faisant évoluer la terminologie d'un global costs, une traduction littérale qui est peu parlante en anglais, vers la notion de life-cycle costing », détaille Guy Isimat-Mirin.

Le projet de norme Iso 20400 est désormais entré dans sa dernière phase. Selon les décisions qui seront prises lors de la prochaine réunion internationale, en décembre 2016, au Brésil (choix de valider le texte en l'état, ou d'opérer une ultime relecture), la publication de la norme internationale est attendue au plus tôt à la fin du premier semestre 2017 ou au plus tard à l'été 2017. « Le projet n'est pas encore complètement figé : même s'il n'y a pas de raison d'anticiper des changements significatifs dans les mois qui viennent, la prudence reste de mise tant que la validation définitive n'est pas acquise », rappelle Guy Isimat-Mirin.

Le RFR a déjà séduit de grandes organisations

C'est dans ce paysage que s'engage le chantier de l'évolution du label Relations fournisseurs responsables, pour opérer sa convergence avec la norme en devenir.

Le label RFR, lancé en 2012, est décerné par le médiateur des entreprises et la CDAF sous l'égide du ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique. 37 organisations ayant fait la preuve de relations durables et équilibrées avec leurs fournisseurs ont jusque-là été distinguées. Parmi elles : Aéroports de Paris, Société Générale, Crédit Agricole, Michelin, EDF, Carrefour, Groupe Pierre et Vacances Center Parcs, ministère de la Défense, etc. L'attribution du label pour une durée de trois ans atteste, à l'issue d'une évaluation approfondie des pratiques d'achats conduite par un organisme agréé, qu'une organisation est en conformité avec le référentiel du label, celui-ci découlant de la charte Relations fournisseur responsables. Quatre organismes sont pour l'instant agréés (Afnor Certification, Asea, RSE France et SGS) pour évaluer la conformité au référentiel RFR des pratiques d'achats des candidats.

 

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