Mieux structurer le métier pour la transition vers le RBO* avec les opérateurs

- il y a 5 mois

Interview de Guy Tardieu, Président d’OSAC, filiale d’Apave.

La transition vers le RBO (Risk Based Oversight), c’est-à-dire vers un système de gestion de la sécurité, est-elle difficile à concrétiser ?

Guy Tardieu : Il s’agit de passer d’une culture de la surveillance pure et dure de conformité réglementaire à l’analyse des risques. Cette évolution, qui se concrétise par une nouvelle façon d’appréhender la réglementation implique, pour ceux qui ont en charge la supervision de son application, une remise en question de leur métier, en même temps qu’ils doivent accompagner ceux qu’ils auditent. Face à une réglementation de plus en plus dense à mettre en œuvre, notamment pour les plus petites structures, ce rôle d’accompagnement est important. Il fait aussi appel à la pédagogie et mobilise des moyens, au moment où nos ressources se posent des questions sur leur propre fonction. D’où la nécessité de faire évoluer le métier.

Justement, comment mieux structurer le métier ?

G. T. : Cela passe par la formation et par de nouveaux critères de recrutement. Sur un marché de l’emploi tendu, la recherche de profils adaptés est un enjeu de taille. Nous n’ouvrons pas seulement des postes d’inspecteurs, nous essayons de solliciter des vocations autour des enjeux de maîtrise des risques. Nous ouvrons plusieurs postes à des jeunes ingénieurs expérimentés du secteur civil ou militaire. OSAC, en coordination avec la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), s’est en effet déployé sur plusieurs fronts, à l’international pour le compte de European Aviation Safety Agency (EASA ou Agence Européenne de la Sécurité Aérienne), et de plus en plus dans le secteur militaire.

Comment le consortium OSAC et Apave Aeroservices a-t-il été choisi ?

G. T. : En lien avec la Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile (DSAC) et la Direction de la Sécurité Aéronautique d’État (DSAÉ), OSAC a entrepris de proposer des processus de convergence entre les réglementations civiles et militaires, et dernièrement avec l’Armée de l’Air belge pour accompagner la mise en œuvre de la surveillance de la navigabilité. Cette expérience acquise auprès des Autorités et des industriels civils et militaires a pesé dans le choix de l’Agence Européenne de Défense pour faire appel au consortium constitué par OSAC et Apave Aeroservices en vue du développement et de la mise à jour des critères de certification de la navigabilité militaire en Europe. Ce contrat-cadre a été conclu pour une durée de quatre ans, jusqu’en 2022, date également de l’échéance de l’habilitation qui autorise O SAC à exercer, pour le compte de la DSAC, le contrôle technique de l’aviation civile. Le renouvellement de cette habilitation fait évidemment partie des enjeux que nous allons relever dans les mois à venir.

*Risk Based Oversight

 

> Bio express

Guy Tardieu, Président d’OSAC, filiale d’Apave

Depuis le 31 janvier 2019, Guy Tardieu est à la tête d’OSAC. Cet ardent défenseur du pavillon français a construit sa carrière professionnelle au sein d’Air France avant de devenir, en 2012, un infatigable animateur de la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM).

1973

Diplômé de l’ENSAE Sup’Aéro (promo 72), après un passage chez les Commandos de l’Air, il entre à Air France en tant qu’Ingénieur Entretien sur Boeing 747 à la Direction du Matériel. Fin 1978, il est détaché à Tripoli pour devenir Directeur Technique de Libyan Arab Airlines, il prend la tête de la subdivision regroupant les mécaniciens de piste de l’escale d’Orly.

2001

Il devient Directeur de Cabinet et des Relations extérieures du Président d’Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, avant d’être nommé, en 2009, Directeur Corporate Qualité et Conformité.

2017

Dans le cadre des Assises Nationales du Transport Aérien lancées par le ministère des Transports, au nom de la FNAM, il plaide pour des mesures en faveur de la compétitivité des compagnies aériennes françaises.

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