Michelin, Renault et GRDF, champions de la gestion des risques

Les Echos Les Echos - il y a 6 mois

La 5e édition des Trophées de la maîtrise des risques a récompensé les stratégies des trois groupes, qui allient contrôle scrupuleux et agilité opérationnelle.

Preuve s'il en est que la gestion des risques est un sujet désormais porté au plus haut niveau de l'entreprise, ce sont Jean-Dominique Sénard, président de  Michelin[1] , et Thierry Bolloré, directeur général adjoint de Renault, qui ont tenu à remercier, par vidéo interposée, le jury de la 5e édition des Trophées de la maîtrise des risques, organisée mardi 15 mai par Crowe Horwath, l'Ifaci et l'Amrae.

Sous la houlette de Louis Schweitzer, les experts indépendants venaient respectivement de leur décerner le « Grand Prix » et le « Trophée de la meilleure démarche de gestion des risques » pour couronner leurs stratégies en la matière. Enfin, représenté par son directeur général Edouard Sauvage, GRDF a reçu le « Trophée de la meilleure démarche de contrôle interne ». Trois prix, qui récompensent trois démarches bien rodées.

# Michelin, la conformité comme boussole

Alors que, selon une enquête dévoilée à cette occasion, 90 % des professionnels de la gestion des risques perçoivent une attente forte de la part des responsables opérationnels concernant la mise sous contrôle des projets stratégiques et des risques liés aux tiers, l'affaire est, chez Michelin, directement pilotée par le top management. « Depuis 10 ans, nous abordons de manière régulière et fréquente ce sujet en comité exécutif, explique Jean-Dominique Sénard. Nous l'avons également inscrit dans notre balanced scorecard en décidant de retenir le taux de conformité du contrôle interne comme l'un des 15 indicateurs clefs du groupe. »

En plus de ce suivi continu assuré par le comex, des objectifs de contrôle interne, tels que le taux de conformité, ont été intégrés aux objectifs de performance collectifs et individuels de nombreux managers opérationnels afin de diffuser une « culture risque » à tous les échelons du groupe. « Pour déployer nos dispositifs de maîtrise des risques, nous avons défini des principes structurants : responsabilisation et simplification, souligne le directeur du contrôle interne de Michelin, Pascal Mahier. Les contrôles qui ont été retenus viennent des référentiels métiers existants. Quand ils sont transmis dans les opérations, ils deviennent donc naturels pour les managers. Nous leur demandons simplement une fois par an de remplir une autoévaluation de conformité vis-à-vis de ces attentes. » Répartis dans les différentes régions, les contrôleurs internes se chargent d'accompagner les managers, de confirmer ou de corriger leur évaluation. Enfin, ils les aident à élaborer des plans d'action correctifs pour que les prescriptions soient mieux comprises et correctement appliquées.

# Renault, un modèle « frugal et vertueux »

Chez Renault, le déploiement du dispositif de maîtrise des risques s'appuie « sur du contrôle interne et sur un questionnement anticipatif, celui du management des risques », précise son chief risk officer, Gérard Payen. Défini comme un modèle « frugal et vertueux », il repose sur des objectifs de compétitivité instaurés dans les usines ou inclus dans les programmes véhicules. « Dès le début d'un projet, nous réalisons une cartographie des risques avec l'ensemble des acteurs, pour leur permettre de bien identifier les risques auxquels ils vont être confrontés, de les manager et de pouvoir les traiter afin de réussir à atteindre les objectifs fixés, confie Philippe Caillette, directeur des programmes small vans et pick-up du constructeur automobile. Décider et assumer les risques sont des éléments majeurs du développement d'un projet qui nous permettent de maintenir notre leadership et probablement de couvrir de nouveaux marchés que nous n'avions pas identifiés au début. »

# GRDF et le « design fiction »

Cette logique d'une gestion des risques comme levier de création de valeur se retrouve chez GRDF. L'équipe contrôle interne, risques et audit (CIRA), pilotée par Christine Ribes, consacre 40 à 50 % de son temps à l'accompagnement des opérationnels ou de la direction générale, quand le comex dédie plus de 20 heures par an au risk management, à l'audit et au contrôle interne. Avec un très fort accent mis sur les problématiques opérationnelles, la direction CIRA a développé une offre de formation à la « culture risque » pour les managers et les chefs de projets. « Depuis quatre ans, plus de 300 personnes ont été sensibilisées et contribuent à diffuser cette culture dans leurs entités respectives », affirme Sylvain Moreton, l'un des risk-officers du distributeur de gaz.

En complément, une offre de « contrôle interne flash » a été mise au point. Réalisée à la demande d'un dirigeant régional, elle peut « éclairer un responsable métier sur la maîtrise d'une activité opérationnelle, la réalisation de l'action et l'aider à mieux manager ses activités », poursuit Sylvain Moreton. Dans la région ouest du groupe, deux missions de ce type ont récemment été menées : l'une pour auditer le mode de pilotage et de gouvernance de la prévention sécurité ; l'autre pour contrôler le processus de réponse à appel d'offres dans le cadre d'une délégation de service public.

Ultime innovation, et non des moindres : au terme d'une réflexion menée conjointement avec la direction de la stratégie, une démarche de « design fiction » a vu le jour. Son principe ? Imaginer des futurs en s'appuyant sur des films de science-fiction. « Cela a permis de mettre les membres du comex dans un univers de possibles qui les a amenés à réfléchir en matière de risques et d'opportunités à long terme », remarque Fabrice Vigneron, risk-officer chez GRDF. Jusqu'à pouvoir élaborer une cartographie des risques à horizon 20 ou 30 ans.

References

  1. ^ Michelin (business.lesechos.fr)

Source : https://business.lesechos.fr/directions-financieres/comptabilite-et-gestion/gestion-des-risques/0301678900829-michelin-renault-et-grdf-champions-de-la-gestion-des-risques-320953.php

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